Historique

L’origine de la jauge actuelle fut un bateau apparu en Australie en 1928. À cette époque, pas de bateau de série donc des jauges étaient créés, chacun construisait son bateau et régatait au sein d’une jauge. Le premier « Moth »fut construit par Len Morris et avait une forme de scow. Il reçut le doux nom d’Olive (en hommage à la femme du constructeur).

Les performances d’Olive étaient étonnantes pour l’époque. Aussi lorsque Olive fut vendue, Len construisit Flutterby. Whoopee similaires à Olive, et l’Inverloch Yatch Club (et sa jauge) furent créés à partir de ces 3 bateaux. En 1930, la classe Moth Américaine fut créée par Capitaine Van Sant d’Atlantic City mais elle était moins extrême. En 1933, les Australiens eurent vent de la nouvelle appellation et renommèrent les “Inverloch Eleven Foot” en Moth.

Les Français s’approprièrent le Moth (version américaine) dès 1936, puis la série se développa durant la guerre pour devenir, dès la fin des années 1950, la classe de solitaires la plus nombreuse.

De nombreux autres Européens emboîtèrent le pas des Français, particulièrement les Suisses. Ce développement intense fut aussi la cause d’un « schisme » provoqué par de nombreux coureurs qui avaient du mal à suivre les concepteurs de formes nouvelles. Ainsi apparut le monotype « Europe » qui faillit tuer les Moth à restrictions. En 1971, pour répondre à cet état de fait et survivre, les Européens et Américains ouvrirent l’IMCA aux Australiens en adoptant leur jauge plus libérale (largeur de 2.25m, poids libre, et voile de 8 m^2 et le reste de la jauge étant aussi moins réglementée).

Dès lors, les bateaux et leurs techniques de construction n’ont cessé d’évoluer : coque et ailes en carbone avec voiles à cambers, issues de la technologie planche a voile, foil sur le safran pour contrer l’enfournement, tout est prétexte à la performance. La largeur de la coque se situe aux alentours de 30cm et le poids du bateau complet entre 25 et 30 kg.

Il suffit de regarder un Europe (qui rentre dans la jauge Moth et qui correspond à une photo de ce qu’était un bon Moth à la fin des année soixante) et un Moth moderne pour comprendre que c’est une classe en perpétuelle évolution. Des ailes et les formes planantes dans les années 70 en passant par les coques qui s’affinent dans les années 80, l’invasion du carbone dans les années 90 jusqu’aux foils en 2002, les bateaux n’ont cessé d’évoluer au niveau des coques, des ailes, des voiles, etc. Ces évolutions permettent au Moth International d’être l’un des dériveurs les plus innovants tout en ayant une jauge écrite il n’y a 80 ans.

Grâce a l’avènement des foils, le moth change de niveau et transforme la navigation dans la troisième dimension. Le rêve d’Icare est devenu réalité chez nous. On vole et ça marche! Grâce aux foils le Moth est certainement le dériveur solitaire le plus rapide au monde.

En 2011 pour les mondiaux à Belmont en Australie, les américains, sous l’impulsion de Bora Gulari, développent une voile rigide. Ils s’inspirent de ce qui a été fait sur BMW Oracle pour la coupe de l’américa et sur ce qui a été fait sur les catamarans class C pour la little américa. Ils réussissent l’exploit de fabriquer une première aile en une semaine, l’optimisent et en sortent 3 autres dans la foulée juste à temps pour les expédier en Australie. Malheureusement l’aile ne sera l’arme ultime durant le mondial ou elle ne sera utilisée que par Charlie McKee qui finira 22ème après quelques problème de structure.

Mais ca y est l’histoire est lancée et il est fort à parier que l’avenir du moth passera par une aile rigide.

Pour le moment le record est a 31,1 nds mais beaucoup s’entraînent pour essayer de battre ce record détenu par Scott Babbage depuis le 13 janvier 2011.

Légende des photos (de haut en bas): Olive, une régate de Moth dans les années 50, quelques Moths dans les années 60, 2 Moth des années 70-80, un Prowler et un mach 2… Quelle évolution !



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